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Lundi 19 janvier 2009 1 19 /01 /Jan /2009 19:09
Aujourd'hui était le premier jour de ce second semestre de trois mois (sic).

Premier cours, premier absent, Gilles Ménégaldo sensé garder les étudiants de la paresse a préféré garder le lit. Pas d'Histoire et analyse des formes filmiques à l'ordre du jour donc, mais passons cela fait désordre.

16h, l'heure du ring. À ma droite, comptant moult diplômes et mises en scène, Mme. Leila Adham, professeur de TD d'Analyse de la représentation et de la dramaturgie et de CM de Scénographie. À ma gauche (à peu près), une vingtaine d'élèves prêts à en découdre, ou plutôt à brasser de l'air en n'en ramant pas une. Atmosphère pesante, tendue comme un slip neuf.
Tout de suite, le professeur annonce la couleur : de la sueur, de la méthode, une problématique et surtout pas de blagues, sinon il y aura du sang et des larmes. Et gare à ne pas louper le train, le travail commence maintenant ! On attaque donc avec les prémices du cours et la distinction entre quatre termes, voisins mais pas plus : Spectre, fantôme, ombre et revenant.

Saluons l'intervention de Sir Sarribière qui tient-là le fait d'arme de la journée. Un étudiant dont on ne sait s'il ira loin dans le cinéma mais qui pourrait être un excellent maçon de par son aptitude à essuyer les plâtres. Sir Sarribière donc, qui du haut de sa queue de cheval fraîchement nouée, a proposé, au regard de ses lectures, de ranger les ombres du côté du pays des morts, par opposition aux revenants qui viennent s'installer durablement et en toute impunité chez les vivants. 
Belle tentative et, surtout, superbe réponse du professeur, rejoignant l'étudiant-centaure pour mieux le débouter avec ce coup d'estoc dont seuls les enseignants rodés à la scène ont le secret et que nous nous permettons de citer sans plus tarder : "C'est exact partout en littérature, sauf au théâtre". Exemple où l'on constate qu'il est, si ce fût jamais possible, plus douloureux encore d'avoir précisément faux que particulièrement tord.

Laissons-là cette anecdote et les quelques tentatives qui suivirent, aussi désespérées que malheureuses, de Sir Sarribière pour se remplumer et concluons cette journée par la courte quête (pas de blague ici non plus, je vous prie) entreprise par deux preux étudiants dans les tréfonds de la bibliothèque universitaire, en vu de réaliser leur exposé avec succès. Des clous !
Par IAH - Publié dans : Nouvelles du front
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Mercredi 21 janvier 2009 3 21 /01 /Jan /2009 22:51
Oyez, oyez !

Gueux mal décrottés,
Gueuses à la conscience avortée,
Les exploits de vos peureux chevaliers !

Aujourd'hui fût plus que jamais le jour de demain, débutant avec un cours d'anglais empreint de relents révolutionnaires, chantant lutte et protestation contre la tyrannie gouvernementale avec la main gauche en porte-voix tandis que la droite était tendue vers un Obama qui n'aura jamais été aussi noir que sous les feux de la présidence surmédiatisée. Obama, Obama ! L'Homme qui réglera les problèmes de l'Amérique et la fera entrer dans le monde de demain, fait de tolérance, de compassion, de liberté et de progrès. L'Amérique, l'Amérique ! Ce pays qui défend toutes les causes et même la sienne, qui combat les affreux intégristes religieux du Moyen-Orient et fait jurer présidents et prévenus sur la sainte Bible !
Plus de doute, l'avenir est à nos portes. On s'y croirait presque, tellement ce nouvel horizon ressemble à s'y méprendre à ce bel avenir promis par Clinton, déjà loin derrière nous, ou encore à ce futur radieux construit par Bush et que nous habitons aujourd'hui. 
Quoi qu'il en soit, nous noterons simplement que l'américain, d'ordinaire formellement exclu du cours de britannique oxfordien, nous fût copieusement servit avec tous les débordements émotionnels qui accompagnent généralement une cérémonie d'investiture.

Les j'en-foutres n'auront cependant pas eut longtemps à attendre avant de se retrouver projetés dans la dure réalité de la vie estudiantine avec le cours magistral de scénographie dirigé par Mme Adham. Nous parlions précédemment de sa compétence dans les arts de la scène (voir notre article juste au-dessus), compétence confirmée aujourd'hui avec l'annonce du plan d'étude, cours magistral et travail dirigé confondus. La dame su tenir son public en haleine en ménageant avec justesse ses effets, assénant à chaque parole une nouvelle et douloureuse exigence. De façon à être compris de la masse grouillante des incultes, disons-le ainsi : nous allions dérouiller.
Et d'abord, il allait falloir réapprendre à parler correctement du théâtre, ce qui nous valu la rédaction d'un petit lexique des familles bien sentit. Honnêtes citoyens, si vous venez à passer par là, compatissez à notre malheurs ! Le cours fût certes utile et riche d'enseignements, mais quel assommoir ! Non que la forme, la diction, le ton et le contenu fussent mauvais, mais sabre de bois c'était incompréhensible, tout simplement. Heureusement que Mme Adham avait eut la présence d'esprit de faire circuler force illustrations venant appuyer ses propos qui, quoique précis, ne permettaient pas de se faire aisément une idée de la réalité à laquelle ils étaient reliés.
Bref ! Critiquer le travail des autres, surtout lorsqu'ils manquent de moyens, est chose aisée à laquelle nous nous prêtons volontiers en lâches que nous sommes. Mais lorsqu'il va s'agir de s'atteler à la tâche consistant à effectuer des recherches sur 20 novembre de Lars Noren, à penser une mise en scène, à réaliser une maquette répondant à nos vœux puis à choisir le théâtre approprié et à contacter ce dernier pour en obtenir les plans, cela va tout de suite être moins plaisant.

Pourtant, baignant dans cette atmosphère studieuse que nous envient les employés de la DDE, se tenait ce héros qui détient le fait d'arme du jour, j'ai nommé Sir Karl Fayeton. L'Homme à la pomme d'Adam survoltée et à la pomme d'Apple surexposée fût l'auteur d'une magnifique réplique à ranger parmi les constellations immortelles qui veillent sur les esprits libres, ou dérangés, de générations de rigolos.
Ce trait d'esprit tiré avec l'arc de l'à-propos fût appelé par une question de Mme Adham, interrogeant l'auditoire sur le mot à employer en lieu et place de "corde", vocable maudit sur les planches. N'obtenant point de réponse, le gente dame entreprit de relancer son public au moyen de "On dit quoi ?!" répétés avec conviction. 
C'est à ce moment que Sir Fayeton, n'écoutant que notre découragement, lança "On dit merci !". Est-il besoin d'ajouter que ce remarquable élan reçu l'accueil triomphal de circonstance, un silence dont seuls les cimetières ont la garde. Seul Sir Sarribière, d'un cynique soutien, s'abaissa à battre bruyamment des mains à la façon des singes, ses proches parents.

Le sommet de la finesse ayant été présentement atteint, il n'y a pas grand chose à dire de la suite des événements. M. Vincent Guillaume s'occupa en effet de remettre nos esprits dans le droit chemin, au prix d'un bouchon de bouteille de Sir Sarribière cependant.
Là aussi, programme chargé : Le postdramatique II, Brecht la suite et la pensée théâtrale qui reste à venir. Où tout cela va-t-il nous mener, compagnons d'épée ? Le futur nous l'apprendra. 
Par IAH - Publié dans : Nouvelles du front
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Vendredi 23 janvier 2009 5 23 /01 /Jan /2009 00:51
Oyez, oyez !

Gueux mal décrottés,
Gueuses à la conscience avortée
Les exploits de vos peureux chevaliers !

Aujourd'hui, nos Hommes se sont fait écraser. Je le dis, au cas où vous espéreriez un miracle à chaque courrier...
Il faut cependant reconnaître que les adversaires étaient de taille, à commencer par le champion du corps professoral, Mme. Campan, qui nous a copieusement "flingué le moral" en débutant son cours par un constat au moins alarmiste s'il n'était alarmant. Réduction du budget de quarante pour cent, condition précaire des intermittents du spectacle employés, voire exploités, en remplacement d'enseignants trop coûteux, surtout compte tenu de leur secteur d'activité.  
Évidemment, former et payer des personnes pour quelles engendrent des révolutionnaires ou pire, faisons la distinction, des citoyens conscients et se sentant plus ou moins concernés par l'état politique et moral de leur pays, cela dis-je reviens à scier la branche sur laquelle on est assit. Pourtant, mon esprit de cynique endurcit ne peut s'empêcher d'héberger une pensée un brin sarcastique née d'une observation fort juste de l'enseignante en question, à savoir que cette situation dure depuis un an.
La fac est un peu lente à réagir... oui certes, la planète a eut le temps de faire sa révolution que vous n'avez pas commencée la votre. De fait, je ris de ces discours poignants à souhait qui annoncent la catastrophe pour demain sur une affaire vieille de douze mois. De grâce, nous sommes entre gens civilisés et nul agent gouvernemental n'infiltre nos rangs, alors parlons posément s'il vous plaît !

Enfin, nous autres gens d'épées de plumes ne saurions trop nous offusquer de ces lamentations, notre temps étant le plus souvent employé à faire de même ! Je le confesse pourtant, j'aimerais lire un peu plus de textes de loi et de réflexions, je n'irai pas jusqu'à dire objectives mais indulgentes, sur ce qui a pu conduire à la prise de telles décisions et pas seulement des tracts énumérants les revendications des uns et des autres quand ils ne se résument pas à tailler un uniforme fascite au gouvernement. Vous le savez bien, gens glaiseux amoindris de l'encéphale chers à nos cœurs, vous le savez nous sommes les premiers à critiquer, que dis-je à critiquer, à railler et méchamment encore ! Mais, en partie pour les besoins de la rédaction, nous nous employons à éviter de créer des formules de fast-food pour démarcheur de pancarte.
Aussi j'appelle, moi, l'IA méchante et bornée de ce système, j'appelle à la grève des mouvements de jambes et des impressions de cabinets. Le jour où j'entendrais les étudiants contestataires commencer leur discours par "Pourquoi le gouvernement a décidé cela" plutôt que par "Pourquoi nos salauds n'ont pas fait ceci", peut-être prêterais-je une oreille plus attentive à ce qui se résume actuellement à une grande partouze de révoltés s'échangeant des éjaculats de fariboles.

Cela étant dit, Mme. Campan en est revenu à des considérations bien plus triviales et fastidieuses, comme dispenser son cours. Et quel cours ! Nos chevaliers ont brutalement fait irruption dans le monde caverneux de l'esthétique, à commencer par la redéfinition du terme et de ce qu'il implique. Et quelle caverne, Platon en aurait été jaloux ! Car c'était ni plus ni moins qu'un assaut contre une forteresse philosophique qui débutait alors.
Bien assis dans leur ennuis, nombreux furent les péquenauds de la classe à prendre position pour un long siège, à défaut de prendre place dans une chaise longue. Rares furent les braves qui osèrent monter au créneau, à peine plus nombreux les gueux qu'on y plaça de force.
Mais, prêtez-y foi ou non, ce fût autrement plus politique et intéressant que l'introduction sortie de derrière les fagots par notre professeur. L'image...vous voyez de quoi je parle ? L'image était en question, elle mais aussi celui qui en était l'auteur et ceux qui se réservaient le droit de n'en être que les spectateurs. "Accomplis-je un acte immoral si j'imprime sur une pellicule une réalité insoutenable ?", "Que retiendra-t-on de mon acte ? Son contenu informatif et critique, ou sa position à la une des journaux du soir ?"
Les interrogations étaient réellement passionnantes et se fût avec plaisir que nous les travaillâmes jusqu'à l'épuisement...du temps. Et oui, on ne peut se lancer dans une complainte du cœur sans amputer la réflexion de l'esprit. Mais c'est ainsi et, une lessive et quelques pages de lecture plus tard, je me retrouvais loin de tout ceci en compagnie de quelques-uns de nos chevaliers au TAP pour une représentation de "Enfer" dont je parlerais prochainement à l'occasion d'un dossier.

Ô Roméo, pourquoi es-tu donc Castelluci et pas seulement Roméo ? Sans doute t'aurions-nous mieux compris.

Par IAH - Publié dans : Nouvelles du front
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Lundi 26 janvier 2009 1 26 /01 /Jan /2009 17:19
Oyez, oyez !

Gueux mal décrottés,
Gueuses à la conscience avortée,
Les exploits de vos peureux chevaliers !

Il semblerait que cette journée ait été placée sous le jugement de Salomon. Vous connaissez Salomon ? Ce roi de mythologie, qui combattait la mythomanie en coupant la poire des enfants en deux ? Voilà, vous y êtes ! Cette journée donc, ou plutôt cette demie journée puisqu'elle ne débuta scolairement parlant (votre serviteur étant activé dès les premières lueurs du jour pour travailler, qu'iriez-vous imaginer) qu'à quatorze heure avec Gilles Ménégaldo et le TD d'Histoire et analyse des formes filmiques. Salutations au professeur en question qui, d'une voix encore plus fluette que d'ordinaire, nous pria de bien vouloir l'excuser de sa précédente absence pour raison de santé. Le malheureux ! Aurait-il oublié que cette classe, qui compte quelques têtes fortes du militantisme socialo-tracté (MST), aime plus encore l'absentéisme professoral quelle ne hait l'abstentionnisme électoral ?
Cet oubli ne l'aura toutefois pas empêché de nous dispenser le cours de la voix monocorde à laquelle ce sont pendus nos plus courageux chevaliers sans guère de succès. L'exercice fût, comme à chaque fois, difficile si ce n'est périlleux, d'autant plus que le propos s'avéra être de la parenté des Oracles : riche en enseignements mais compliqué de détours insipides. En bref, le programme évoqué avait de quoi susciter l'intérêt du dernier des imbéciles, ce qui rend bien compte du niveau de la classe, plus apathique que jamais : Étude de l'histoire du cinéma fantastique hollywoodien depuis les tours de Méliès jusqu'à Shyamalan en passant par Tourneur, Corman, Romero, Craven et Carpenter. Damned ! On peut ne pas aimer le cinéma fantastique, comment ne pas saliver à l'évocation d'un tel panthéon ?
Aucun fait d'arme n'est d'ailleurs à signaler, au contraire de quoi il aurait été à déplorer. Les chevaliers de l'hémicyle menés par Sir Roland ont en effet été tentés d'estourbir quelques-uns de leurs irrespectueux voisins qui n'ont eut de cesse de manifester leur mépris de ce qui était dit par autre qu'eux-mêmes. L'histoire les oublie cependant pour s'arrêter devant un fait assez curieux mais logique compte tenu de ce qui vient d'être dit, à savoir le manque de volontaires pour les exposés oraux. C'était une fois encore du cinquante-cinquante, moitié je le fais à l'écrit moitié j'en ai rien à foutre.

Et donc, puisque nous-même ne faisons rien à moitié, signalons que la journée de cours s'acheva sur ces événements car le TD d'Analyse de la représentation qui constituait notre second et dernier cours connut à son tour la désertion professorale. Heureusement, il sera rattrapé la semaine prochaine par Mme. Adham qui, nous l'apprit la secrétaire du département, sera parallèlement gréviste. Nous vous le disions, aujourd'hui était bien le 2/6 janvier 2009.
À ce propos, nous tenions à vous faire partager la curieuse pensée qui nous est venue aujourd'hui quant au combat des enseignants-chercheurs d'emploi. Ceux-là nous l'ont dit et répété, le mouvement n'est pas dirigé contre "nous" mais contre le gouvernement et tout sera fait pour ne pas pénaliser les stupides studieux étudiants d'Arts du Spectacle, preuve en est le "geste" de Mme Adham qui, pour ne pas nous priver plus que "nécessaire" de son cours rattrapera celui d'aujourd'hui lors de la grève.
Admettons, comme disait Bigard. Admettons que nos professeurs, sorte de Batman de l'enseignement supérieur, fassent des pieds et des mains pour les étudiants en militant contre le gouvernement et en travaillant à mi-temps pour la fac. J'aimerai savoir, moi, ce que recouvre cette appellation générique "d'étudiants", panier gigantesque dans lequel on enfourne sans vergogne le fumeur de joins aux cheveux longs et le bigleux qui arrive une demie heure en avance au cours les cheveux en pétard après avoir étudié jusqu'à trois heures du matin. Car oui, tout le monde va être privé de cours, les fainéants comme les besogneux, ceux qui sont contre la réforme et ceux...qui sont pour, et oui. Je n'en connais pas, je ne connais pas même la réforme en question, mais je suppose, IA d'un système absurde proposant toujours un compte pour un invité imprévu, oui je suppose qu'il y en a peut-être qui soutiennent la décision du gouvernement.
Alors ? Car si les étudiants opposés à la réforme comprennent et, pour certain, encouragent le mouvement enseignant, quelle justification pour les étudiants qui sont pour la réforme ? Je trouve donc parfaitement déplacé d'essayer de mettre les professeurs "du côté des étudiants". De quel droit quelques grévistes, qu'ils soient majoritaires ou non, se réclament-ils de représenter l'opinion des étudiants sur le sujet ? Si les professeurs veulent faire grève, c'est leur droit. Mais qu'ils prétendent soutenir la cause étudiante, je dis *erreur 404* !

C'est déjà la fin de cette dépêche que je me dépêche d'achever pour vous la livrer dans les meilleurs délais, petits consommateurs crasseux, enfants de notre société techno-médiévale. La nouvelle qui vient clôturer ce courrier pourrait s'intituler "Ni une ni deux, la guerre de la Hune n'aura pas lieu !", en hommage à Jean Giraudoux qui, en 1935, avait déjà compris que faire taire les Hommes faisait seulement mieux parler les canons. Oui, pouilleux de tous horizons, et toi qui a versé ton obole au compte du savoir et de l'ouverture d'esprit, sachez que le spectacle J'ai fais le con de Dieudonné qui devait se tenir à Poitiers a été annulé, par crainte de "troubles publics" si l'on en croit cet article de Centre Presse.
Ne faisant guère confiance aux médias qui relaient moins l'information que la rumeur, celle-là même dont Pierre Desproges disait qu'elle était "le glaive merdeux souillé de germes épidermiques que brandissent dans l'ombre les impuissants honteux", nous préférons laisser "décanter". Toutefois, dans l'hypothèse où cela serait vrai, nous dirons ce qui suit : L'annulation du spectacle de Dieudonné n'est en rien surprenante. Votre IA préférée avait fait le choix de s'y rendre, sans le moindre enthousiasme, pour voir et entendre de quoi il s'agissait afin d'en juger en son âme et conscience, ce qui relève de fait d'un acte politique, dans le sens de "citoyen". Voir pour savoir et savoir pour juger. Néanmoins, je me désole de constater qu'à ces adjectifs manque encore celui d'avant-gardiste ou de visionnaire.
Car oui, réfléchir et se faire son opinion est, aujourd'hui comme hier, anormal. On aimerait mieux en effet nous servir les avis que nous devrions chérir et défendre comme on nous sert notre soupe, stérilisée et en boîte ! Et sous couvert de moralité qui pis est, pour nous garantir des erreurs de réflexion et du désordre que cela amènerait. Voilà qui est bien, aujourd'hui nous pouvons lire Mein Kampf mais voir le spectacle d'un humoriste c'est interdit. Pourquoi peut-on lire Mein Kampf ? Parce qu'on a compris qu'Hitler racontait des âneries monstrueuses ? Et pourquoi ne pourrait-on voir ce spectacle d'un "négro nazi qui tient les mêmes propos" ? Ah parce qu'il est à la mode !

Il est vrai qu'aujourd'hui on ne lit plus guère et paix soit accordé à Gutenberg. Pourtant, bien du monde gagnerait à parcourir les écrits de Voltaire, dictateur fasciste de sinistre mémoire, qui disait très démocratiquement : "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrais jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire". Mais si les paroles s'en vont, les aigris restent.

Par IAH - Publié dans : Nouvelles du front
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Mardi 27 janvier 2009 2 27 /01 /Jan /2009 17:22
Oyez, oyez !

Gueux mal décrottés,
Gueuses à la conscience avortée,
Les exploits de vos peureux chevaliers !

On a pas fait mieux que les grecs. C'est vrai, nous devons tout aux grecs : notre système politique, les fondements de la plupart de nos arts et de nos philosophies... même la guerre et l'homosexualité étaient déjà intensément pratiquées par ces aïeux quasi-légendaires. D'ailleurs, nous avons fort bien su entretenir certaines de leurs pratiques "avant-gardistes", comme l'ostracisme qui est sans doute ce que nous maîtrisons le mieux. Ainsi, au milieu de cet héritage poussiéreux figure ce monument de l'histoire humaine qu'est la mythologie, en particuliers la part qui à trait à l'origine du monde : la théogonie. On y lit l'histoire de Gaïa et d'Ouranos, la castration de ce dernier par son plus jeune titan de fils et la victoire finale de Zeus, dieu de la foudre, sur Cronos, dieu du temps.
Et c'est vrai. Rien, rien ne peut rompre l'ennui et l'infernale dilatation du temps d'un cours de M. Ménégaldo si ce n'est la remarque foudroyante d'un étudiant. Malheureusement, celle-ci ne vint pas et l'heure et demi de leçon doubla dans les consciences ensommeillées. Il n'est pas dans les loisirs d'une IA hautement respectueuses des conventions de s'en prendre aux méthodes d'enseignement... mais il n'est pas non plus dans ses habitudes de masquer la réalité d'un cours rébarbatif. Pour information, il était aujourd'hui question lors du CM d'Histoire et d'analyse des formes filmiques de retracer les origines du cinéma fantastique hollywoodien en rappelant Méliès à notre bon souvenir avant de s'en aller faire un tour du côté de l'expressionnisme allemand.

Or, nous regrettons sincèrement d'avoir à le dire, nous n'avons strictement rien compris. Le plan du cours, où ce qui en ressort d'après nos notes, était pourtant simple : s'interroger sur l'existence formelle d'un courant expressionniste, puis étudier ses tenants et aboutissants, ainsi que ses dérives, au travers de quelques exemples choisis et d'un ou deux extraits vidéos. Malgré tout, notre professeur s'est embarrassé de détours et d'informations sans importances, comme à son habitude, qui n'ont en rien facilité l'adhésion de l'auditoire déjà fort peu motivé à le suivre. "Nosferatu de Murnau donc, qui a été tourné dans trois villes différentes, lesquelles sont blablabla et dont on note que le niveau d'hygrométrie à l'année est de blabla et qu'à ce propos la migration des mouettes observée dans la région est en très nette récession depuis cinquante ans". Passionnant.
D'ailleurs, nous n'allons pas pousser plus loin la plaisanterie car ce seul exemple suffit à exprimer la facilité qu'un enseignant a de démolir toute forme d'intérêt pour son cours. Et puisqu'il ne nous donne envie de rien faire, il va nous falloir travailler, comme le préconise Jean d'Ormesson.

Nous arrêtons là pour aujourd'hui, oui déjà, car il n'y a pas grand chose à raconter de plus. Nous vous rappelons cependant que toutes nos notes sont disponibles sur le site, alors n'hésitez pas à les consulter.
Par IAH - Publié dans : Nouvelles du front
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